L’exposition tend à présenter l’évolution des toiles de Ferdinand Hodler à l’aune d’une sélection de quelques paysages, essentiellement de l’Oberland bernois. Cette région, il la connaît depuis sa plus tendre enfance. Et à 16 ans, il fait le trajet à pied chaque jour entre Steffisburg et Thoune, où il travaille comme apprenti chez le peintre védutiste Ferdinand Sommer. «J’étais comme enivré par la beauté du paysage», déclare celui qui, plus tard, revient presque chaque année peindre dans l’Oberland. Ce qui le distingue, c’est la manière dont il s’approche pas à pas du massif montagneux. Il se familiarise d'abord avec le massif de loin et systématiquement, comme s’il devait préparer la base pour ensuite agencer ces géants de pierre, il commence par peindre le lac de Thoune avec le Harder, le Niesen ou le Stockhorn. Ce n’est qu’en 1908, lorsqu’il a acquis la reconnaissance du public en tant qu'artiste et qu’il a davantage confiance en lui, qu’il ose représenter les «géants de glace», le plus souvent depuis le plateau de Schynige ou Mürren. À l’instar de ses autoportraits, ceux qu’il peint des montagnes sont nombreux à refléter ses propres émotions. Ferdinand Hodler mène une quête permanente afin de découvrir les lois de la nature. Un des principes dominants de sa théorie est le parallélisme: la nature se réitère sans cesse car de cette répétition naît une vigueur renforcée. C’est ce principe qu’il entend mettre en lumière dans ses œuvres.